Jusqu’à ce que l’on croise son ex

Par un bel après-midi ensoleillé de Février, emmitouflé(e) dans votre manteau, vous vous promenez dans le centre ville. Un café accompagné d’un journal roulé dans une main et une paire de chaussures italiennes fraichement achetée et emballée dans l’autre, vous vous apprêtez à regagner votre immeuble en empruntant ces rues qui vous sont désormais si familières, tout en écoutant Bossa For Jackie de Fantastic Plastic Machine sur votre iPod. Vous entendez de jeunes enfants rire aux éclats avec leurs parents, vous croisez des couples ayant l’air heureux, main dans la main. Tout est fort sympathique et vous vous dites que ce bol d’air frais en ce samedi après-midi était vraiment bon à prendre, jusqu’à ce que…

C’est une fois arrivé dans votre rue que vous l’apercevez : votre ex.
Une distance d’environ 10 mètres vous sépare et votre coeur s’accélère un peu plus à chaque mètre en même temps que l’arrivée de légères nausées.
Subitement, le mode aléatoire de votre iPod vous a balancé(e) sur These Boots Are Made for Walkin’ de Nancy Sinatra et vous atteignez le refrain de ce son rétro lorsque vous vous apprêtez à croiser votre ex relation.
Une question s’impose : que faite-vous ?

Situation numéro 1 : vous baissez la tête…
Baisser les yeux n’affirme qu’une seule et unique chose : aucun dialogue ni échange ne sont envisageables, du moins c’est ce que la personne que vous croisez pense. De ce fait, celle-ci agira de même, elle continuera son chemin, le regard droit ou ailleurs.
Agir ainsi si : vous n’en avez rien à cirer et que vous ne penserez plus à cette personne dix minutes après, jusqu’à ce que vous la recroisiez.
Ne pas agir ainsi si : vous pensez encore régulièrement à la personne, si vous n’attendez que de la rencontrer par hasard, car vous éprouverez du repentir en vous disant que vous n’auriez pas dû faire cela !

Situation numéro 2 : vous regardez la personne de haut, avec mépris, tout en continuant votre marche, aussi dédaigneuse soit-elle prise pour l’occasion…
C’est tellement tentant ! Les plus orgueilleux s’en donnent d’ailleurs à coeur joie ! Dites vous que si le paquet contenant vos nouvelles chaussures est signé d’une marque ne vendant aucun modèle à prix inférieurs à 200 euros, c’est encore plus jouissif, même si cela reste puéril !
Agir ainsi si : vous détestez la personne, si vous n’avez toujours pas fait votre deuil et que la seule chose qu’il vous faille pour y parvenir soit que celle-ci se fasse renverser par un camion citerne contenant une forte quantité d’acide chlorhydrique.
Ne pas agir ainsi si : vous pensez encore régulièrement à la personne, si vous n’attendez que de la rencontrer par hasard et SURTOUT si vous êtes rempli(e) d’orgueil par nature, car vous éprouverez du repentir en vous disant que vous n’auriez pas dû faire cela !

Situation numéro 3 : vous lâchez un petit sourire, et un petit hochement de tête, mais seulement si votre B.A de la journée n’a pas encore été faite…
C’est selon moi la réaction la plus mature à avoir, même si vous essuyez un vent après coup, au moins, vous aurez montré votre aptitude à arrondir les angles et à laisser couler l’eau sous les ponts.
Agir ainsi si : vous vous dites que tout cela, c’est du passé, ou que vous auriez très envie de revoir la personne !
Ne pas agir ainsi si : vous êtes faible et que le concept de l’échec vous effraie, ou si vous n’en avez pas envie puisque vous savez très bien que vous êtes à deux doigts d’accueillir les vomissements…

Situation numéro 4 : vous vous arrêtez face à cette personne et vous la saluez, laissant paraitre votre envie de discuter, même très rapidement, avec elle…
Cela peut être à double tranchant…
Agir ainsi si : vous vous dites que tout cela c’est du passé, ou que vous auriez très très très envie de revoir la personne !
Ne pas agir ainsi si : vous êtes faible et que le concept de l’échec vous effraie ainsi que la certitude que rien ne puisse plus jamais être comme avant, ou si vous n’en avez pas envie puisque vous savez très bien que vous êtes à deux doigts d’accueillir les vomissements…

J’ai quant à moi baissé la tête de manière inée, sans doute parce que je n’en avais plus rien à faire et qu’une fois rentré dans mon appartement, affairé à lire mon journal et ce calé dans mon fauteuil avec mon café, j’allais penser définitivement à autre chose.

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