Safari relationnel

La plus part de vos amis vous le diront, démarrer une nouvelle histoire d’amour alors que vous sortez d’une année amoureusement pourrie n’est pas chose simple…
Après avoir bafoué votre ressenti, vos émotions et vos envies, il est normal d’avoir besoin d’un peu de douceur et de lenteur dans vos évolutions émotionnelles. On ne peut pas vous reprocher de devoir mettre du lait dans vos rapports humains, un peu comme dans votre café du matin qui sans, ne passerait peut-être pas.
J’étais donc toujours en pleine exploration relationnelle : un safari émotionnel qui m’apportait découvertes, joies, surprises mais aussi questionnements, doutes.
Lorsque vous fréquentez une personne assez célèbre qui côtoie également beaucoup d’artistes, de gens importants et qui est dotée d’un niveau d’intérêts surpassant majoritairement les votres, vous avez souvent tendance à développer ce que l’on appelle "la mise en retrait".
Vous réalisez vraiment que les sujets principaux qui rythment son existence ne sont absolument pas maîtrisés en ce qui vous concerne. Vous écoutez donc beaucoup, posez des questions et au final apprenez énormément.
C’est assez drôle d’ailleurs, il vaut mieux voir cela comme quelque chose de ludique et d’amusant plutôt que de commencer à développer un vulgaire et stupide complexe d’infériorité qui n’a, disons le franchement, pas lieu d’être.
Parce que si la personne reste avec vous, c’est qu’elle vous porte également assez d’intérêt et dans mon cas, c’était flagrant.
Ce qui est magique dans ce genre d’expérience, c’est de découvrir ou de confirmer que l’on a nous aussi, notre part d’originalité et de distinction. Ce petit "quelque chose" habitant notre personnalité, qui fait que l’on reçoit des démonstrations type : "tu es si différent, déroutant, intrigant, passionnant…". Et vous réalisez à quel point ces mots sont vrais et non-simulés lorsque vous prenez le temps de plonger votre regard dans celui de l’autre, d’analyser chacune de ses respirations, chaque intonation utilisée à votre égard.
Un soir alors que j’étais seul dans mon bon vieil appartement et que Halcyon de Jon Hopkins rythmait ma soirée, je ne pu m’empêcher de me poser la question suivante : que nous faut-il de plus ?
Lorsque l’on a passé la majeure partie de son année à essayer d’entendre ces mots, dans différentes bouches aussi belles furent-elles, on devrait peut-être arrêter un instant les questionnements qui nous habitent et se dire : "cette histoire est faite pour moi".
On passe bien trop souvent à côté des choses faites pour nous : un bus ou un métro manqué, un article vestimentaire adulé mais peu stocké, une grande histoire d’amour.
Alors pourquoi ne pas sauter intensément dans le wagon pendant qu’il en est encore temps ?
On ne nous le répètera jamais assez : la vie est trop courte, alors fonçons tête baissée dans ces épisodes sains qui s’offrent à nous.

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