La semaine dernière, j’ai rejoint mon amie Kate pour goûter dans un café du centre ville. Souvenez vous, celle-ci sortait avec Simon depuis maintenant plus de deux mois et demie et n’avait toujours pas fait l’amour avec lui car ce dernier se disait "retissant" quant à la réalisation de bonnes prouesses sexuelles.
« Bon alors là c’est la merde… Je ne comprends pas… Il tient pas ses érections… Il bande mou au bout d’une minute ! me confia-elle en entamant son chocolat viennois.
Il est parfait sur toute la ligne ! Mais au pieu, ça coince ! On a enfin eu l’occasion "d’essayer" de le faire mais, Monsieur n’est pas excité ! ajouta-t-elle.
— Mais alors, ça vient de toi ? lui demandai-je, un brin inquiet.
— Il me dit que non… Il me dit que c’est pas moi, que ça vient de lui.
— Bon, continuai-je. Avec tout ce que tu m’a raconté jusque là, on ne peut que constater qu’il ne veut pas faire l’amour avec toi, via le retardement qu’il a posé dans votre vie sexuelle de couple, et qu’une fois sur le fait accompli il n’en ait pas envie.
— Oui ?
— Soit il fait un blocage psychologique avec l’acte sexuel en lui même, soit…
— Soit quoi ? me demanda Kate.
— Soit il est gay…
— Je n’arrête pas de lui demander justement ! Il me répond toujours : "t’es folle ? Jamais de la vie !"
— Ouais enfin il est peut être dans le déni, comme beaucoup ! ajoutai-je.
— Qui sait ? En attendant mes hormones et mes envies ne sont pas dans le déni elles ! Elles n’en peuvent plus! Et je ne suis pas allé voir ailleurs depuis que j’ai rencontré Simon. Le pire, c’est que si demain j’arrête de parler de sexe ou de faire part de mon désir, il n’en parlera pas et continuera à vivre notre relation comme-si tout allait bien, sans coït… »
Plus tard chez moi, alors que French Theme d’Honeyroot tournait en boucle et que j’étais en train de descendre mon deuxième et gigantesque milkshake à la fraise, je me suis mis à penser au rapport sexuel primaire.
C’est quand même l’une des choses les plus agréables dans la vie. Lorsque l’on est en parfaite osmose avec notre partenaire, on peut facilement atteindre le Nirvana et repousser les limites de l’orgasme à chaque nouvel essai !
Je vins à me poser une question : sans lui, une relation amoureuse peut-elle être vivable ? C’est vrai après tout, sans sexe, comment peut-on continuer à vivre une vraie relation de couple ?
L’époque de nos dix ans est révolue, on doit vivre avec notre temps et je pense que, passé un certain âge, lorsque l’on est, soit disant, très amoureux d’une personne, on se doit de pouvoir partager avec elle de nombreux rapports dis "charnels".
Il est claire que si l’un des protagonistes d’un couple n’est pas sexuellement satisfait, les probabilités de survie de cette relation seront infiniment faibles…
Quel adulte normalement constitué peut-il laisser le sexe détruire sa vie de couple ?
Si ces personnes pensent qu’être avec quelqu’un c’est échanger des "je t’aime" saupoudrés de baisers et de masturbations tristement respectives, elles se trompent !
La faute à qui ? Au parents peu ouverts d’esprit ? A un manque d’information concernant le sujet durant l’adolescence ?
Il est grand tant d’ouvrir son chakra Svadhisthanna et d’arrêter de se fausser amoureusement soi-même.
Je connaissais Kate depuis maintenant plus de dix ans, et je savais qu’elle n’était pas du genre à demeurer indéfiniment patiente. Ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’elle ne prenne ses cliques et ses claques afin de tirer sa révérence face à cette relation amoureuse sexuellement stérile.



