Les préliminaires, nouvelles oeuvres philanthropiques ?

La semaine dernière, l’une de mes meilleures amies, que nous appellerons Kate, a passé la soirée avec Simon, l’homme qu’elle fréquentait depuis maintenant quelques jours.
Ce soir là, les deux tourteraux étaient nettement passés à la vitesse supérieure. N’ayant encore jamais rien partagé de sexuel ensemble, ils se laissèrent aller cette fois-ci au "semi-enjambement" de la barrière vénérienne.
Kate fit de la poterie sur plateau tournant et opta ensuite pour un sucre d’orge en dessert.
Une fois cette séance tactile et gustative terminée, Simon décida, apparemment, qu’il était temps pour lui aussi de prendre la route du plaisir offert, en choisissant pour destination "Cunipolis", tout en ayant fait précédemment et scrupuleusement chauffer les turbines à l’aide d’un double doigté…
Pour Kate, ce premier échange avec Simon la satisfit beaucoup, à tel point qu’elle ne demanda rien de plus ce soir là.
Après ce confortable moment passé dans le très extravagant canapé Chesterfield de Kate, Simon se mit à lâcher l’impensable et surtout, "l’inlâchable" !
« "Comment j’étais ? C’était la première fois pour moi ! Comment j’étais ?" voilà ce qu’il m’a sorti juste après… m’avoua Kate, autours d’un petit café, dans le centre ville.
— Ah ouais quand même, lui dis-je, l’air abasourdi.
— Vingt-trois piges et ne jamais avoir fait de cunilingus ni même carré un doigt dans l’entre-jambes d’une nana… Et après on se demande pourquoi vous les hommes, vous nous baisez de plus en plus mal…
— Et au lit c’était comment ? lui demandai-je, intrigué.
— J’en sais rien on ne l’a pas encore fait… Mais il m’a toujours certifié que pour ça, il était expérimenté ! Enfin, c’est bizarre quand même…
— J’avais un pote qui me racontait souvent qu’il s’y prenait bien au lit avec ses copines et qu’elles redemandaient toujours du rab trois ou quatre fois d’affilées. Je le croyais, jusqu’au jour où, en soirée, bourré, il me balança qu’il était encore vierge…
— Énorme ! s’exclama Kate.
En attendant, je ne pense pas que Simon soit puceau, je le crois sur ça, m’assura-t-elle.
— Ouais, c’est peut être juste le genre de mec qui aime se faire gâter et qui snobe la case "en retour", lui dis-je.
— Y a même pas intérêt ! Je suis pas la philanthrope du sexe moi ! me dit-elle. »
Ce soir là, alors que Yachts (A Man Called Adam Mix) de Coco Steel et Lovebomb tournait en boucle chez moi, je me suis mis à penser aux préliminaires sexuels entre les hommes et les femmes…
Je ne pouvais m’empêcher de constater que, de nos jours, ce sujet avait l’air de nous mettre de plus en plus mal à l’aise, nous les hommes.
J’avais entendu tant d’histoires d’amies mal servies à ce niveau là, voir parfois pas servies du tout d’ailleurs…
"Avec mon ex, Henri, la case préliminaire étaient très très très souvent oubliée…" Sarah, 20 ans, étudiante en prépa’ écoles de commerce.
"Je le suce et il ne me broute jamais, c’est quoi ça ?" Julie, 21 ans, étudiante en pharma’.
Je fus soudainement submergé par une vague questions : ne pas vouloir s’en remettre, à son tour, aux préliminaires, était-ce être égoïste ?
Ou d’un autre point de vue, est-ce que beaucoup auraient encore peur de dire bonjour aux "minoux" d’un peu trop prêt ? Est-ce si dur de prendre, une bonne fois pour toutes, une chatte entre quatre yeux ?
Par la suite, je me mis à faire un tri dans les relations sexuelles que j’avais pu avoir avec des filles rencontrées au cours de l’année passée.
Au final, ce fut simple, je n’avais oublié qu’une seule fois la partie "préliminaires", mais je m’étais tout de même bien fait pardonner en suite !
Après, en ce qui concernait la qualité, je ne savais pas. Je pensais ne pas m’en être trop mal sorti, mais je n’étais sûr de rien. La seule chose certaine dans toutes ces histoires, c’est que je ne m’étais jamais, au grand jamais, risqué à demander.
Le jeudi soir qui suivit, j’ai rejoint ma bonne amie Katia pour apprécier cocktails et tapasses dans mon bar lounge préféré, en bons citadins branchés qui se respectent, mais aussi afin de poursuivre ce sujet, dans le but d’en écrire un article…
« Demander à la fille comment on a été après l’acte, qu’il s’agisse d’un préliminaire ou de l’acte complet en lui même, c’est "la" question à éviter ! s’exclama Katia.
— Je sais bien, c’est se montrer d’une façon ultra péjorative face à elle ! rajoutai-je.
Parce que, soit elle va penser qu’on n’a aucune expérience, auquel cas cas ça la refroidira à mort, soit elle va croire qu’on est ultra imbu de nous même et que le fait de connaitre nos performances est indispensable, en claire, que l’on est un gros connard de "branleur" ! argumentai-je.
— Tout à fait d’accord ! acquiesça-t-elle.
— Et sinon, qu’est-ce que tu penses de ces mecs qui détestent faire des préliminaires en retour à ceux que des filles trop gentilles leur font ?
— Que beaucoup d’entre eux étaient puceaux il y a peu, ou qu’il sont sexuellement indécis, ou ont juste peur lorsqu’ils voient une chatte d’un peu trop près, me répondit-elle, avec un sourire aux lèvres qui en disait long sur son affirmation déjà bien rallongée.
— Pourtant, moi, je ne vois pas ce que ça a d’horrible une chatte… Ok certaines ont l’air galeuses au premier abord, on passe un peu moins de temps à les regarder, mais de là à les éviter… Je n’ai jamais eu de problème avec celles que j’ai rencontrées, lui annonçai-je, le visage marqué d’une incompréhension totale.
— Toi peut-être pas, mais d’autres peut-être que oui, rajouta-t-elle, toujours avec ce même sourire. »
Plus tard, je suis sorti faire la fête avec un excellent ami que je n’avais pas vu depuis longtemps ce qui me fit oublier toutes ces incompréhensions.
Ce n’est qu’en sortant, seul, de la boite où nous avions terminé après avoir écumé plusieurs bars, qu’elles me rattrapèrent. Je regagnais mon appartement, une cigarette à la main, il était 6h du matin et je ne pouvais m’empêcher de penser aux rapports sexuels…
Leurs bases résident dans le désir ainsi que dans l’envie d’apporter du plaisir à l’autre, c’est un échange physique qui doit être absolument équitable. En fait, cette équité est primordiale au bon fonctionnement des vies sexuelles dépourvues de bémol.
Après avoir regagné mon ordinateur, je me suis posé une dernière question : échanges non-équitables dans nos rapports sexuels ne rimeraient-ils pas avec non-entente totale au lit ?
Sexuellement parlant, certaines personnes peuvent donner sans pour autant attendre un quelconque retour, on les surnomme les "Philanthropes du Sexe". 10% d’entre elles sont soit des prostituées, soit des gigolos alors que celles faisant partie des 90% restants sont blasonnées sous le sigle de la soumission, reconnue ou non.
Face à tout cela, il y a également des personnes qui reçoivent sans pour autant offrir un quelconque retour, on les surnomme les "Opportunistes du Sexe". 50% d’entres elles sont soit machos, soit nymphomanes receveuses alors que celles faisant partie de l’autre moitié sont, quant à elles, blasonnées sous le sigle de l’inexpérience, de la sexualité indécise ou encore et plus simplement, sous celui de la peur ou bien du dégoût…
Bien sur, face à tous ces gens, il y a aussi des personnes qui échangent d’une manière parfaitement équitable en matière de sexe. Elles se complètent et n’ont souvent aucun problème lorsque cette équité perdure. De plus, les préliminaires partagés sont d’excellents moyens pour accentuer l’état dans lequel on se retrouve une fois la barrière vénérienne totalement enjambée !
Il est claire qu’une fois que l’on a compris tout cela, on n’a plus qu’a choisir son camps.

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