Chaque année, vers les premiers jours d’Octobre, l’été indien ferme voluptueusement la danse de trois mois de chaleur en s’en allant à son tour…
Arrive alors cette période automnale qui laisse des avis partagés dans l’esprit de chacun.
Il y a des personnes qui l’apprécient car c’est pour elles l’occasion de sortir de nouvelles tenues, pendant que d’autres maudissent le rafraichissement soudain des températures quotidiennes ainsi que la pluie, le vent et la grisaille.
Quoi qu’il en soit, les nuits passées à dormir avec les fenêtres fermées à l’espagnolette sont belles et bien terminées. Même le fait de devoir en ouvrir une momentanément pour fumer une cigarette nécessite le port d’un bon gilet afin de se protéger de cette fraicheur saisonnière qui s’engouffre dans notre appartement.
J’aimais l’automne, pour le renouvellement vestimentaire dont cette saison était accompagnée, mais aussi pour l’ambiance qu’elle déployait dans nos vies.
Un soir, alors que j’étais seul chez moi, je me suis mis à établir un parallèle entre l’automne et les relations…
Cette saison nous pousse à nous couvrir plus de manière à ce que nous n’ attrapions pas froid. Nos relations aussi peuvent parfois s’enrhumer, à n’importe quel moment de l’année d’ailleurs. La baisses des températures n’est en rien un facteur à risque.
Je ne pouvais m’empêcher de me poser une question : vaut-il mieux couvrir que guérir ?
En fait, couvrir trop chaudement n’importe quelle relation conduirait à l’étouffer. Le monopole, la jalousie et le harcèlement sont à eux trois ce que serait la surchauffe en température d’un appartement : étouffante, dérangeante, invivable…
Couvrir une relation des rhumes, c’est sans doute privilégier la communication, éviter les mauvais coups, les mensonges et essayer de se comporter en adulte, quoi qu’il arrive.
Mais il se peut parfois que certaines relations ayant attrapé froid se retrouvent mal soignées…
En fait, on croit trouver le bon remède pour leur rétablissement mais on se trompe. Sans nous en rendre compte, nous ne faisons qu’utiliser de très bons anti-inflammatoires pour les débarrasser de la douleur et donc, elles ne guérissent pas. On pense régler ses problèmes avec quelqu’un, mais on ne fait qu’anesthésier les gênes dus au passé, la communication passe mal, certains sujets sont évités et donc non-traités. De ce fait, la santé de ces relations se dégrade de plus en plus vite et au final, elles meurent…
On s’interroge alors : "existait-il vraiment un traitement miracle ?"
C’est vrai, on est en droit de se demander, après tous les sinistres et les symptômes présents entre nous et une personne, si notre relation avec elle n’avait pas fini par être atteinte d’une maladie incurable…
Est-il possible de diagnostiquer une relation comme "condamnée" ?
Si c’est le cas, c’est peut être le moment d’en prendre congé…
C’est triste à dire, mais à la différence de nos défenses immunitaires, celles des relations sont plus fragiles et donc, le mot "guérison" se met soudainement à relever de la gageur.
Et toujours pour jouer "divergences", peut-être que nous ne devrions pas les accompagner jusqu’à la fin, peut-être qu’en les quittant avant que celles-ci ne rendent leur dernier souffle, nous gagnerions en facilité pour faire notre deuil.
Le relativisme nous montre souvent par la suite que mêmes les solutions non utilisés et pourtant envisagées, peut être trop tardivement, n’auraient finalement aboutie à aucun sauvetage…
De toute façon, lorsque l’on passe d’un simple rhume à une infection pulmonaire de stade 4 non soignée, il est normal que l’expression "chances de survie" ne fasse désormais plus partie de notre vocabulaire…



